Article de Christian DOUCET paru dans Qualité Références (Mars 2012)

L’excellence, notre seule porte de sortie face à la crise

Christian Doucet a fait un rêve : une France gentille et amicale, dont le monde envie les qualités d’excellence et qui fait la nique à la crise. La réalisation de ce rêve passe par la mise en cause radicale des certifications actuelles, trop axées sur le formalisme, et la fixation d’un objectif simple : l’excellence !. Français, visez l’excellence pour gagner !

En ce moment, notre position est largement critique : un endettement excessif qui pompe notre fluide vital du fait des remboursements, un commerce extérieur détérioré, une pauvreté qui gagne du terrain, une récession économique qui s’annonce du fait de la rigueur et qui rend très difficile un redressement…

En pratique, tous ces sinistres ne sont que les avatars de la faiblesse de notre commerce extérieur. Seul ce dernier, qu’il prenne la forme de vente de produits ou de visites de touristes, nous enrichit. Le reste n’est que redistribution entre Français. Et, plus le gâteau total est grand et plus la part de chacun est importante, et plus il est facile de rectifier les déséquilibres.

L’Allemagne nous montre la voie : malgré la crise, elle ne s’est pratiquement jamais portée mieux. Mais aujourd’hui, un produit allemand est réputé excellent : il est livré à l’heure, l’après-vente et plus généralement les services sont sans reproche, les réunions se tiennent à l’heure, les promesses sont tenues…

Comment y parvenir ?

D’abord il faudrait quitter les certifications de systèmes de management, dont la récente affaire PIP a bien montré les limites et qui ridiculisent la qualité en la faisant assimiler à des masses de papiers et à des montages artificiels. C’est certainement l’une des causes cachées de nos déboires actuels.

Il faut au contraire revenir aux « valeurs » : le sérieux du travail, le souci du client, la finition, la ponctualité…

Pour cela, il faut d’abord rétablir davantage d’éthique dans les entreprises.

Elaborons en concertation un référentiel simple qui mette en avant la qualité du travail, la motivation du personnel, le dialogue social au sein de l’entreprise, l’excellence des produits et services offerts aux clients, et décernons des récompenses à ceux qui le respectent.

Privilégions les PME qui ont à leur tête des patrons qui ont investi eux-mêmes dans l’entreprise et qui privilégient le développement de l’entreprise sur la rentabilité à court terme.

Aidons les entreprises à améliorer leur organisation et leurs méthodes, et aidons-les financièrement à s’améliorer sur ces plans en recourant à des conseils extérieurs. Les besoins sont immenses car la quasi-totalité des entreprises françaises fonctionnent mal aujourd’hui.

Il faudrait enfin inciter les dirigeants des grandes entreprises à revenir à une vision beaucoup plus humaine de l’entreprise.

L’Allemagne l’a fait. Pourquoi ne le ferions-nous pas ?

Christian Doucet

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